Les paradoxes de l'action hypercollective
En Temps Réel
Jean-Michel Severino, Directeur général de l'Agence française de développement
paru dans La Tribune, 24 décembre 2008
La détresse financière mondiale a provoqué une montée au créneau sans précédent des États. Cette mobilisation représente pourtant sans doute, dans sa forme comme dans ses modalités, une exception qui confirme le développement d'autres structures de gestion des grands problèmes structurels de l'humanité. De plus en plus en effet, les troubles profonds et souvent silencieux de notre planète donnent lieu à un traitement dont l'extrême complexité est due à la nature tant des sujets concernés que des acteurs qui en sont les solutions. On peut qualifier celui-ci de gestion «hypercollective». Le cas de la santé publique est particulièrement frappant. L'accroissement des échanges commerciaux et humains constitue un facteur de multiplication des épidémies. Le Sida, le Sras ou la grippe aviaire le montrent : conçue de longue date comme «bien public» appelant une politique nationale, la santé devient «bien public global» dès lors qu'elle renvoie à des maladies ne connaissant pas de frontière. Le monde en développement, maillon faible dans la chaîne de surveillance épidémiologique, demande un accompagnement tout particulier.
Face à ce défi nouveau, une forme de politique mondiale de la santé émerge...