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L'adresse de Barack Obama au "monde musulman"

Marco Vicenzino, directeur du Global Strategy Project, membre du Council on Foreign Relations
paru dans La Tribune, 26 mars 2009

Les débuts de la présidence de Barack Obama ont initié un changement de ton, important et stratégique, de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient et au-delà. Il faudra toutefois attendre des actions concrètes et des résultats durables pour savoir si ce changement stratégique est aussi substantiel.

Le président américain a manifesté un engagement sans ambiguïté pour cette région du monde en s'adressant expressément au "monde musulman" dans son discours inaugural. En outre, il a réalisé un long entretien pour une télévision de langue arabe et a nommé rapidement un nouvel émissaire spécial au Moyen-Orient pour la question Israël-Palestine. Un émissaire qui s'est rendu immédiatement dans la région pour assurer un cessez-le-feu effectif entre Israël et le Hamas. Bien que nombreux sont ceux qui, au Moyen-Orient et au-delà, aient probablement bien accueilli ce nouvel état d'esprit, la plupart des gens préfèrent certainement renvoyer leur jugement à un proche avenir.

Les optimistes voient là l'aube d'une nouvelle époque de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient...

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L'organisateur en chef des Etats-Unis

Adam Lioz, directeur de la programmation de Progressive Future
paru dans La Tribune, 21 janvier 2009

Ce 20 janvier est un jour historique, non seulement parce que Barack Obama est le premier président afro-américain, mais aussi par la manière dont il s'est adressé au peuple américain grâce à la haute technologie et aux mouvements "grassroots" (portés par les citoyens de base). Étant donné son parcours et les potentialités offertes par les nouvelles technologies, il pourrait bien offrir aux États-Unis leur premier organisateur en chef. La démocratie américaine y gagnera si les institutions indépendantes restent actives et si le président continue de rendre des comptes.

La révolution Internet de la politique américaine est due à Howard Dean, durant les primaires de 2004, et aux « weblogs » progressistes tels Daily Kos. Mais Obama l'a parachevé avec ses 13 millions d'adresses e-mails, le site my.BarackObama.com, l'impressionnant réseau social interactif de ses militants et plus de 3 millions de donateurs. Obama a su lui adjoindre l'apport d'organisations "grassroots" traditionnelles aux techniques éprouvées. Il fut lui-même un organisateur communautaire à Chicago pour les églises et pour l'inscription sur les listes électorales. Il ne l'a pas oublié, et son équipe de campagne a travaillé avec Marshall Ganz...

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Le grand répudiateur?

Bruce Ackerman et Gérard Magliocca, professeurs de droit à Yale et à l'Indiana University, Indianapolis
paru dans La Tribune, 19 novembre 2008

Aux Etats-Unis, chaque trente ans émerge un mouvement populaire contestant les bases des pouvoirs précédents et élit un président de rupture. Barack Obama devrait s'employer à répudier la foi aveugle dans le libre marché de George W. Bush. Mais les Américains jugeront avant tout le nouvel élu, qui dispose de tous les leviers, sur sa capacité à mettre fin aux abus des présidences précédentes.

L'écrasante victoire de Barack Obama réaffirme un modèle qui remonte à l'aube de la république. Environ tous les trente ans, un nouveau mouvement populaire conteste l'identification partisane établie et précipite une réorganisation de l'électorat. Cette grande tradition américaine des « élections de changement » a commencé en 1800 lorsque Jefferson fit parvenir son nouveau Parti démocrate républicain à la victoire....

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