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Tribunes

La crise impose de repenser le contenu des diplômes

Julie Battilana, Professeur assistant, Harvard Business School
paru dans La Tribune, 6 avril 2009

Seule une refonte radicale de nos institutions financières et économiques permettra non seulement d'enrayer la crise, mais aussi d'éviter sa reproduction dans les prochaines années. L'enjeu n'est pas d'abandonner l'économie de marché mais de changer le comportement ses acteurs. Certes, l'application de nouvelles législations, accompagnée de mesures d'incitations et de possibles sanctions, permet de modifier le comportement des acteurs. C'était d'ailleurs l'un des enjeux de la dernière réunion du G20. Mais les autorités publiques ne sont pas les seuls prescripteurs en la matière. Les écoles et les universités qui forment les hommes et les femmes qui rejoignent ensuite les entreprises jouent, elles aussi, un rôle clef.

Ces derniers mois, certains observateurs ont pointé la responsabilité de ces institutions dans la crise actuelle, en particulier celles qui délivrent des MBA (Masters of Business Administration)...

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L'adresse de Barack Obama au "monde musulman"

Marco Vicenzino, directeur du Global Strategy Project, membre du Council on Foreign Relations
paru dans La Tribune, 26 mars 2009

Les débuts de la présidence de Barack Obama ont initié un changement de ton, important et stratégique, de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient et au-delà. Il faudra toutefois attendre des actions concrètes et des résultats durables pour savoir si ce changement stratégique est aussi substantiel.

Le président américain a manifesté un engagement sans ambiguïté pour cette région du monde en s'adressant expressément au "monde musulman" dans son discours inaugural. En outre, il a réalisé un long entretien pour une télévision de langue arabe et a nommé rapidement un nouvel émissaire spécial au Moyen-Orient pour la question Israël-Palestine. Un émissaire qui s'est rendu immédiatement dans la région pour assurer un cessez-le-feu effectif entre Israël et le Hamas. Bien que nombreux sont ceux qui, au Moyen-Orient et au-delà, aient probablement bien accueilli ce nouvel état d'esprit, la plupart des gens préfèrent certainement renvoyer leur jugement à un proche avenir.

Les optimistes voient là l'aube d'une nouvelle époque de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient...

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L'organisateur en chef des Etats-Unis

Adam Lioz, directeur de la programmation de Progressive Future
paru dans La Tribune, 21 janvier 2009

Ce 20 janvier est un jour historique, non seulement parce que Barack Obama est le premier président afro-américain, mais aussi par la manière dont il s'est adressé au peuple américain grâce à la haute technologie et aux mouvements "grassroots" (portés par les citoyens de base). Étant donné son parcours et les potentialités offertes par les nouvelles technologies, il pourrait bien offrir aux États-Unis leur premier organisateur en chef. La démocratie américaine y gagnera si les institutions indépendantes restent actives et si le président continue de rendre des comptes.

La révolution Internet de la politique américaine est due à Howard Dean, durant les primaires de 2004, et aux « weblogs » progressistes tels Daily Kos. Mais Obama l'a parachevé avec ses 13 millions d'adresses e-mails, le site my.BarackObama.com, l'impressionnant réseau social interactif de ses militants et plus de 3 millions de donateurs. Obama a su lui adjoindre l'apport d'organisations "grassroots" traditionnelles aux techniques éprouvées. Il fut lui-même un organisateur communautaire à Chicago pour les églises et pour l'inscription sur les listes électorales. Il ne l'a pas oublié, et son équipe de campagne a travaillé avec Marshall Ganz...

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Les paradoxes de l'action hypercollective

Jean-Michel Severino, Directeur général de l'Agence française de développement
paru dans La Tribune, 24 décembre 2008

La détresse financière mondiale a provoqué une montée au créneau sans précédent des États. Cette mobilisation représente pourtant sans doute, dans sa forme comme dans ses modalités, une exception qui confirme le développement d'autres structures de gestion des grands problèmes structurels de l'humanité. De plus en plus en effet, les troubles profonds et souvent silencieux de notre planète donnent lieu à un traitement dont l'extrême complexité est due à la nature tant des sujets concernés que des acteurs qui en sont les solutions. On peut qualifier celui-ci de gestion «hypercollective». Le cas de la santé publique est particulièrement frappant. L'accroissement des échanges commerciaux et humains constitue un facteur de multiplication des épidémies. Le Sida, le Sras ou la grippe aviaire le montrent : conçue de longue date comme «bien public» appelant une politique nationale, la santé devient «bien public global» dès lors qu'elle renvoie à des maladies ne connaissant pas de frontière. Le monde en développement, maillon faible dans la chaîne de surveillance épidémiologique, demande un accompagnement tout particulier.

Face à ce défi nouveau, une forme de politique mondiale de la santé émerge...

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Le grand répudiateur?

Bruce Ackerman et Gérard Magliocca, professeurs de droit à Yale et à l'Indiana University, Indianapolis
paru dans La Tribune, 19 novembre 2008

Aux Etats-Unis, chaque trente ans émerge un mouvement populaire contestant les bases des pouvoirs précédents et élit un président de rupture. Barack Obama devrait s'employer à répudier la foi aveugle dans le libre marché de George W. Bush. Mais les Américains jugeront avant tout le nouvel élu, qui dispose de tous les leviers, sur sa capacité à mettre fin aux abus des présidences précédentes.

L'écrasante victoire de Barack Obama réaffirme un modèle qui remonte à l'aube de la république. Environ tous les trente ans, un nouveau mouvement populaire conteste l'identification partisane établie et précipite une réorganisation de l'électorat. Cette grande tradition américaine des « élections de changement » a commencé en 1800 lorsque Jefferson fit parvenir son nouveau Parti démocrate républicain à la victoire....

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Titrisation et crise financière

Gilles de Margerie
paru sur le site de Terra Nova, le 8 novembre 2008

Les symptômes de la crise financière ont commencé à se voir en août 2007. Le mois d'octobre 2008 aura été, jusqu'ici, sa période la plus intense. Les interventions massives des gouvernements de la plupart des grands pays du monde ont fait comprendre à ceux qui ne l'avaient pas compris que le danger était, lui aussi, massif.

Depuis plus d'un an, au fur et à mesure que se déroule la crise, ont fleuri de très nombreuses interprétations de ses causes. La plupart de ces interprétations s'efforcent de lui trouver une cause principale : excès des marchés financiers non régulés, goût débridé du profit des banquiers et autres financiers dans un monde aux exigences de rentabilité des capitaux toujours plus élevées et toujours moins durablement soutenables, déséquilibres macro-économiques massifs (l'Amérique vivait à crédit, et le reste du monde finançait le maintien de son niveau de vie), politiques monétaires exagérément laxistes. La simple lecture de cette liste très partielle suffit à montrer que la réalité ne peut se résumer à une cause principale...

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